dimanche 17 février 2013

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : La religieuse de Guillaume Nicloux avec Pauline Etienne et Isabelle Huppert

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : La religieuse de Guillaume Nicloux avec Pauline Etienne et Isabelle Huppert



Voila le festival de le Berlinale qui touche à se fin, et aucun film français n'a finalement été récompensé. La chronique d'aujourd'hui est une coproduction franco-allemano-belge qui reprend un classique de la littérature française de Diderot. Ce texte profondément anticlérical est également un plaidoyer en faveur de la liberté dans la droite ligne des thèses défendues tout au long du siècle des Lumières. Ayant été adapté plusieurs fois au cinéma notamment en 1966, c'était un exercice difficile de s'attaquer à nouveau à ce roman.La mise en scène est bien faite, elle s'inspire beaucoup de Barry Lyndon de Kubrick notamment dans le traitement de la lumière : en effet les passages de nuit sont très sombres et ne sont illuminés que par des bougies pour donner une ambiance époque à l'ensemble. 

En ce qui concerne l'histoire, en faisant court nous pouvons la résumer de manière suivante : Mademoiselle Suzanne de Simonin est contrainte par la volonté de ses parents de faire voeu pour devenir religieuse. Bien que celle-ci le refuse avec opiniâtreté elle finit par accepter ce sort. Arrivée au couvent, elle se bat cependant pour retrouver la liberté et quitter son habit qui ne correspond pas à sa vocation malgré sa foi. C'est ce que nous raconte le roman de Diderot et le film : un combat pour la sa libre détermination.

Le jeu des acteurs est très concerné : Pauline Etienne joue bien son rôle de jeune fille persécutée par le destin qui ne se laisse cependant pas abattre, seulement le texte qui colle de très près au roman lui-même semble être trop peu suffisant pour comprendre la plénitude de son caractère à l'écran.
Louise Bourguoin en mère supérieure tyrannique et sadique s'en sort très bien mais la brièveté de son intervention empêche finalement d'en connaître plus sur le personnage : est-ce une caricature que Nicloux veut nous montrer ? Il le semble bien. Isabelle Huppert se détache vraiment du casting car elle a plus d'expérience sur ce genre de texte de facture classique. Elle sait très bien exploiter le côté humoristique de son personnage de Mère Supérieure lubrique, ce qui a provoqué quelques rires dans la salle.

En somme, ce film est très fidèle au roman tout en supprimant quelques passages que j'avais personnellement trouvés importants. On peut déplorer un certain manque de rythme dans l'enchaînement des scènes comme le signalaient déjà certaines critiques françaises  l'issue de la première projection, les (très) belles images de l'ensemble ne suffisent pas à faire fi de certaines longueurs dans le récit surtout au début et à la fin du long-métrage. Mais ce film reste l'un es plus beaux esthétiquement et dans la force du message que j'ai pu voir depuis cette semaine. La force du message de Diderot est très bien transcrite et l'actualité du thème n'a point disparu. Ceux sont quelques raisons qui pourraient vous encourager à aller voir ce film.

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