Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : Promised Land de Gus Van Sant avec Matt Damon
Un nouveau film de Gus Van Sant est toujours un événement pour les cinéphiles du monde entier pour ce réalisateur primé à de multiples reprises. Après des film très personnels dans les années 2000 avec un certain parti pris pour une mise en scène contemplative (Elephant, Paranoid Park), ce nouveau projet est plutôt de facture assez classique, plus proche du film "Harvey Milk". Gus Van Sant donne à nouveau dans le film politique avec cette histoire de lutte pour une cause environnementale qui fait grandement débat partout dans le monde et notamment en France : l'extraction du gaz de schiste. A la vue des récentes déclarations de Matt Damon lui-même ("je n'irai plus aux toilettes tant que tout le monde n'aura pas accès à l'eau potable"), le message politique et écologiste transpire dans toute cette entreprise. A noter que le film est produit également par Matt Damon. Aux Etats-Unis, l'extraction par le procédé du "fracking" ou "cracking" est déjà exploité à de nombreux endroits, certains politiques français comme M. Claude Allègre défendent ce principe au nom de la nécessaire indépendance énergique hautement stratégique. A ce propos, les Etats-Unis ont d'ores et déjà assuré cette indépendance pour le siècle prochain en matière d'énergies fossiles. Cependant, comme nous pouvons le constater, la résistance s'organise à Hollywood chez les acteurs concernés par l'environnement. Venons-en donc au film après cette petite contextualisation !
Steve (Matt Damon) est un brillant jeune cadre dynamique d'une grosse société pétrolière Global Corp. Il est chargé avec une collègue, d'aller dans un patelin pour racheter des terres à des paysans afin d'en exploiter les sous-sols par le procédé que nous avons décrit précédemment. Ce qui devait n'être au début qu'une promenade de santé (convaincre à coup de milliers de dollars les paysans de vendre leurs terres) se révèle plus difficile. Plusieurs ennemis imprévus se mettent sur la route du très sur de lui Steve. Un vieil homme (Frank) révèle aux habitants les risques pour les sols de ce procédé, un militant écologiste sorti de nulle part, et les démons intérieurs de Steve s'ajoutent à tout cela. Lui aussi a des origines campagnardes et plus le temps avance et plus cette entreprise lui semble illégitime. Nous ne vous raconterons pas néanmoins la suite...
Ce film très classique et américain dans le déroulement de l'histoire est véritablement un plaidoyer pour un retour aux racines : d'un côté le pragmatisme froid d'une grosse société qui brasse des milliards de dollars et broie le destin des hommes et de l'autre les braves paysans qui protègent l'héritage qu'ils possèdent depuis des générations. Le réalisateur défend véritablement un thèse bien précise : la logique du profit n'est pas toujours la bonne. La manière de présenter le propos est somme toute assez classique, sans surprise même. Le jeu de Matt Damon est bon, comme à son habitude mais l'issue de l'histoire est vraiment téléphonée et le tout manque à mon goût d'émotion. La photographie est comme tous les films de Gus Van Sant très belle, esthétisante à souhait mais le propos du film semble presque trop simpliste. Il garde tout de même son intérêt en raison du thème qui fait partie de l'actualité brûlante. Je doute néanmoins que celui-ci glane un prix à l'issue du festival.
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