mardi 19 février 2013

Interview croisée de Loulou et Laulau Nicollin du Montpellier Hérault ce mardi - une communication contradictoire ?

Sur l'ensemble des quotidiens nationaux et parisiens bien sur, les moindres faits et gestes des dirigeants du PSG sont scrutés du président Nasser à Léonardo. On discute à tout bout de champ des compositions de l'équipe, du mal-être de certains joueurs qui ne supportent pas d'être remplaçants etc... Maispour ceux qui supportent un autre club moins médiatisé, il est plus difficile d'avoir des infos , des analyses. des luttes de pouvoir existent partout, le cas de Montpellier est assez spécial en raison de la place prépondérante de la famille Nicollin qui détient 99% du capital du club.

Alors que les tractations vont bon train en ce qui concerne l'avenir de René Girard à la tête de l'équipe pro de Montpellier, on découvre en ce début de semaine deux interview croisées des personnes qui compte le plus pour le MHSC : Loulou Nicollin d'un côté sur l'Equipe.fr et une de son fils Laurent sur le site internet du club. Il me paraît intéressant de comparer ces deux entrevues qui sortent au même moment avec une grande différence d'audience : le quotidien n°1 de France et de l'autre le site internet qui est plutôt réservé aux supporters du club on dira. Est-ce un choix délibéré d'opérer ainsi une diversion avec la gouaille ravageuse de notre bon Loulou pour laisser travailler Laulau tranquillement ? C'est ce que nous allons essayer de voir :

L'entrevue de Louis Nicollin : le parler vrai et l'emporte pièce



Victime de sa gouaille légendaire, Loulou parle avec le coeur : il dit ce qu'il pense. Il est à l'image de tous les supporters déçu par les résultats bien en deçà de ce qu'il avait espéré. L'effectif est potentiellement très bon mais plusieurs pépins physiques et moraux ont fait baisser les ambitions du club. En gros, cette interview ne dire pas grand chose voire rien sur la situation de Girard. La manière de tourner les questions de Jean-Phillippe Cointot lui permet de récupérer ce qu'il cherchait c'est-à-dire la déclaration choc : "ce n'est pas à Girard de nous commander". A partir d'une déclaration floue du coach montpellierain à la Domenech ('j'ai pris ma décision...') et des questions bien tournées on nous fait croire d'une certaine manière qu'il y a un mini-clash entre le président et le coach. Malgré des phrases comme "il fait partie des meubles", les questions font les réponses.

L'interview de Laurent Nicollin : la langue de bois et l'apaisement



Tout dans l'interview du fils Nicollin est bien pesé , le recul est suffisant et tous les sujets sont abordés. Du départ de Mapou aux souhaits de départ de Belhanda. Mais deux déclarations retiennent particulièrement l'attention du lecteur. D'abord, Laurent Nicollin parle des joueurs qui se sont lancés dans le grand bain en L1 cette année (Deplagne, Dabo, Martin) qui représentent l'avenir de club. L'axe est toujours autant porté sur la formation avec l'acquisition en pleine propriété du domaine de Grammont qui est le centre de formation du club. On voit ici les orientations de long terme que souhaite le MHSC : ne pas faire trop de vagues, se reposer sur le centre de formation en temps de crise : rien de moins que ce que fait en ce moment l'Olympique Lyonnais qui stoppe sa politique de transferts couteux et laisse la place à de plus en plus de jeunes prometteurs (Umtiti, Grenier...). 
La seconde déclaration forte de sens est lorsque le président délégué nous parle de la saison prochaine. On apprend que Bruno Carotti, René Girard et lui-même sont déjà en train de réfléchir aux réglages à apporter pour l'année prochaine. Est-ce un synonyme d'espoir ? Nous le pensons. Si le coach prépare déjà la saison suivante avec les responsables du recrutement c'est qu'il ne souhaite pas partir et que nous assistons à un faux suspens concernant sa fin de contrat. L'avenir nous le dira.


La communication de Montpellier devient incompréhensible

En conclusion, les mots qui auront le plus de résonance au niveau national (l'Equipe) n'apportent rien ou à peine en information mais l'ensemble des commentateurs (professionnels ou non) reprendront ces propos dans leurs débats interminables sur Canal ou ailleurs (les spécialistes ou le CFC) : en résumé si Girard veut partir il part bien que le club continuera d'exister sans lui (quel scoop ! ), et s'il veut rester, il reste. D'un autre côté, l'interview de Nicollin fils bien que un peu langue de bois (site du MHSC oblige) révèle des informations complètes et intéressantes sur la saison qui s'écoule et la suivante. Cette communication en parallèle ne fait donc que desservir le club puisque les véritables informations sont effacées et oubliées au profit du sensationnel presque vide de sens. Ces réflexions peuvent amener à une autre question légitime : les médias sportifs se sont-ils enfermés dans la dictature du très court terme et la recherche de scoop ? Chacun peut se faire son opinion.




lundi 18 février 2013

Chronique disque : EELS - Wonderful, glorious (2013)

Depuis bientôt quatre ans, on assiste impressionnés à une productivité incroyable du compositeur et chanteur de EELS, E qui a déjà sorti pas moins de 4 albums depuis "El hombre lobo" en 2009. L'artiste a des choses à dire et ne se répète pas du tout malgré la multiplication de ses albums. Les productions sont de plus en plus travaillées et le choix de E d'aborder des thèmes très différents selon les albums apporte un plus pour l'auditeur. On peut dire que EELS est une institution au sein du rock indépendant américain tant le groupe est présent sur la scène depuis presque 20 ans.




Venons-en maintenant à l'album! Il est plutôt dans le style de "Souljacker" (2001) et de "El Hombre Loco" (2009), c'est à dire des guitares et de la testostérone. Peu de balades sont présentes dans l'album puisque ce n'est qu'à la 9ième piste et le morceau "True Original" qu'on découvre ce jolie morceau mélancolique comme E nous en a offert de nombreux. L'album est plutôt rock dans son ensemble avec des guitares saturées voire même des batteries comme dans le morceau "Peach Blossom" ou "New Alphabet". Dans l'ensemble, on peut dire que c'est un album de EELS honnête mais qui ne fait jamais sauter au plafond. Les cinquante minutes passent agréablement pour tout amateur du groupe qui se respecte mais il n'y a pas l'étincelle qui pouvait exister sur d'autres projets en raison du manque de continuité : boites à rythmes dans certains morceaux puis rock pur ensuite s'enchaînent. Bref, un album de plus qui ne restera pas dans les annales des meilleurs efforts de E. Néanmoins, cela fait plaisir de voir E aussi productif et c'est un prétexte bien pratique pour les fans d'avoir une tournée européenne toujours très attendue !


Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : Side Effects de Steven Soderbergh avec Jude Law

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : Side Effects de Steven Soderbergh avec Jude Law


Ma dernière chronique concernant ce magnifique festival concerne à nouveau un film américain d'un autre réalisateur très célèbre notamment pour la trilogie Ocean ou sa palme d'Or pour "Sexe, mensonges et vidéo". En habitué des festivals, Soderbergh se retrouve ici à la Berlinale en compétition, il nous propose une plongée dans la psychologie et les antidépresseurs d'où le titre "Side Effects" qui signifie littéralement "les effets secondaires". Le pitch est le suivant : une jeune femme retrouve son mari sorti de prison après 4 ans de détention. Celle-ci subit des épisodes dépressifs récurrents, le retour de son mari semble relancer ses symptômes et elle tente de se suicider. A l'hôpital, elle rencontre un psychologie (Jude Law) qui se propose de la voir en thérapie pour régler ses problèmes. Après lui avoir prescrit des pilules d'un nouvel anti dépresseur miracle, le médicament a des effets inattendus sur la patiente. Ce thriller "psychologique" très américain dans la manière de présenter les différents personnages. La photographie est de facture classique mais l'éclairage volontairement rempli de filtres jaunes donnant un aspect irréel au film le fait plutôt pencher vers le spot de publicité Channel avec une musique à la "Sixième sens". 

Ce long métrage est assez décevant, la première partie donne beaucoup de promesses dans le sujet traité (la dépression , les antidépresseurs, la génération Y) qui fait pschitt au bout d'une petite demi heure. La deuxième partie est franchement plate en raison d'un scénario qui créée des effets de surprise surjoués. 
 
Concernant les acteurs, Jude Law et Catherine Zeta-Jones jouent plutôt bien en raison de leur expérience : ils sont tous les deux psychologues. Leurs séquences d'échanges entre experts de la dépression sont de loin les plus intéressantes du film. Je n'aime pas personnellement le surjeu de Rooney Mara qui ne m'a pas convaincu. Bref, au contraire des critiques américaines pour la plupart positives vis à vis de ce film comme celle de Robert Altman, je n'ai pas été convaincu par ce film plein de rebondissements. Il reste tout de même plaisant à regarder. Il est vivement conseillé si vous aimez les thrillers américains et le suspens.

dimanche 17 février 2013

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : La religieuse de Guillaume Nicloux avec Pauline Etienne et Isabelle Huppert

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : La religieuse de Guillaume Nicloux avec Pauline Etienne et Isabelle Huppert



Voila le festival de le Berlinale qui touche à se fin, et aucun film français n'a finalement été récompensé. La chronique d'aujourd'hui est une coproduction franco-allemano-belge qui reprend un classique de la littérature française de Diderot. Ce texte profondément anticlérical est également un plaidoyer en faveur de la liberté dans la droite ligne des thèses défendues tout au long du siècle des Lumières. Ayant été adapté plusieurs fois au cinéma notamment en 1966, c'était un exercice difficile de s'attaquer à nouveau à ce roman.La mise en scène est bien faite, elle s'inspire beaucoup de Barry Lyndon de Kubrick notamment dans le traitement de la lumière : en effet les passages de nuit sont très sombres et ne sont illuminés que par des bougies pour donner une ambiance époque à l'ensemble. 

En ce qui concerne l'histoire, en faisant court nous pouvons la résumer de manière suivante : Mademoiselle Suzanne de Simonin est contrainte par la volonté de ses parents de faire voeu pour devenir religieuse. Bien que celle-ci le refuse avec opiniâtreté elle finit par accepter ce sort. Arrivée au couvent, elle se bat cependant pour retrouver la liberté et quitter son habit qui ne correspond pas à sa vocation malgré sa foi. C'est ce que nous raconte le roman de Diderot et le film : un combat pour la sa libre détermination.

Le jeu des acteurs est très concerné : Pauline Etienne joue bien son rôle de jeune fille persécutée par le destin qui ne se laisse cependant pas abattre, seulement le texte qui colle de très près au roman lui-même semble être trop peu suffisant pour comprendre la plénitude de son caractère à l'écran.
Louise Bourguoin en mère supérieure tyrannique et sadique s'en sort très bien mais la brièveté de son intervention empêche finalement d'en connaître plus sur le personnage : est-ce une caricature que Nicloux veut nous montrer ? Il le semble bien. Isabelle Huppert se détache vraiment du casting car elle a plus d'expérience sur ce genre de texte de facture classique. Elle sait très bien exploiter le côté humoristique de son personnage de Mère Supérieure lubrique, ce qui a provoqué quelques rires dans la salle.

En somme, ce film est très fidèle au roman tout en supprimant quelques passages que j'avais personnellement trouvés importants. On peut déplorer un certain manque de rythme dans l'enchaînement des scènes comme le signalaient déjà certaines critiques françaises  l'issue de la première projection, les (très) belles images de l'ensemble ne suffisent pas à faire fi de certaines longueurs dans le récit surtout au début et à la fin du long-métrage. Mais ce film reste l'un es plus beaux esthétiquement et dans la force du message que j'ai pu voir depuis cette semaine. La force du message de Diderot est très bien transcrite et l'actualité du thème n'a point disparu. Ceux sont quelques raisons qui pourraient vous encourager à aller voir ce film.

samedi 16 février 2013

Les blessés du Montpellier Hérault Sport Club - Des maux physiques et moraux

Une petite digression sur les blessés du MHSC 

 
Les bilans de la saison de Montpellier commencent à fleurir un peu partout, ceux-ci ne sont pas tendres : une équipe irrégulière, qui n'a plus la grinta, incapable de victoires probantes à l'extérieur. Tout le monde cherche à comprendre mais pourquoi une équipe aussi forte l'an dernier est-elle aujourd'hui à 2/3 de la saison à cette triste 8ième place, le temple du ventre mou de la ligue 1 ? 
Les réponses sont bien sûr multiples, je vais cependant m'intéresser à l'une d'elles : la gestion des blessures des joueurs. En effet cette année les blessures n'épargnent pas nos joueurs : 

Les blessures physiques : le véritable poison du MHSC 

Montpellier joue moins bien cette année c'est un fait, mais comment ne pas l'imputer à cette cascade de blessures ? Voici une liste exhaustive des blessés depuis 7 mois : Estrada, Marveaux, Camara, Pitau, Ait Fana, Belhanda, Saihi, Stambouli, Bocaly, Pionnier (souvenez vous de Ligali), Cabella, Utaka, Mounier. Pas moins de 13 joueurs dont trois très importants pour le titre de champion qui ont été absent des terrains pour la moitié de la saison. On a vu apparaître dans le 11 des joueurs de moins de 22 ans (Dabo, Deplagne, Martin) qui n'étaient pas destinés à jouer autant de matchs cette saison et qui ne peuvent prétendre aujourd'hui à jouer aussi bien que les titulaires habituels. Il ne faut donc pas les blâmer pour ça.

Alors à qui la faute, est-ce le contre coup de la saison 2011-2012 ?

On ne peut pas dire que les dirigeants aient eu le nez creux dans les choix de recrutement mais il semble surtout que la méthode mise au point par Nicolas Girard le préparateur physique pour la saison dernière ne pouvait pas s'appliquer à la nouvelle saison. Les joueurs du titre ont clairement beaucoup trop donné jusqu'à mai 2012, le 11 titulaire a presque joué tous les matchs sans presque aucun remplacement. Seuls les défenseurs ont survécu à ce rythme (quoique Bocaly). Au final, la saison n'a pas été digérée car trop gourmande en énergie, surtout que la reprise s'est faite le 28 juillet 2012 soit une reprise de l'entraînement en juin très tôt !

 Cette situation montre à quel point le foot moderne avec ses matchs tous les trois jours pendant plus de 9 mois n'est pas tenable pour un effectif performant réduit. Le MHSC n'avait pas les armes pour jouer les premiers rôles car trop dépendant d'une poignée de joueurs au climax de leur forme l'année dernière ce qui m'amène au second point. Comment ne pas sentir de la frustration, une certaine fatigue psychologique face à ce problème ?

Les blessures morales : le contre coup d'une saison fantastique 

Malgré les discours encourageant des joueurs et de l'entraîneur nous ne sommes pas dupes, il y a un ressort de cassé dans cet effectif. Le corps est directement relié à la tête et les blessures physiques sont directement issues des blessures morales. Comment ne pas être blessé moralement à la vue des résultats décevants, les départs de certains symboles des vestiaires (Giroud et Mapou maintenant) ? Nous le pensons, après un titre et maintenant une élimination de toutes les compétitions annexes, les joueurs sont moins concernés. 

Côté recrutement, Congré semble être le symbole à lui tout seul de se qui cloche dans le club : ses fautes à répétition révèlent la vérité : il ne peut assumer le rôle qui lui a été assigné trimbalé un jour à droite un autre en défense centrale avec un niveau inférieur à celui auquel il était attendu. Les autres recrues semblent également dans une moindre mesure vivre ce marasme : Gaëtan Charbonnier est une promesse mais il semble encore dans sa tête à Angers comme le montrent se innombrables tweets en faveurs de ses "potos", il semble pour l'instant isolé dans le vestiaire et doit faire face à une concurrence difficile avec l'argentin Herrera. 

L'issue de cette saison semble écrite : la déception après le rêve, cependant, il y a certains motifs d'espoirs. La saison 2010-2011 avait été très banale pour le MHSC malgré la finale de la coupe de la Ligue (une 14ième place anonyme). Si Girard reste à Montpellier et peut garder certains éléments encore concernés par son discours, les erreurs pourraient être évitées et Montpellier semble n'être le plus fort que lorsqu'il avance masqué ("on vise le maintien"). L'avenir nous le dira. 


Je termine cet article par une petite pub pour un webzine qui fait un très bon travail dans le suivi du MHSC : http://www.allezpaillade.com/ , leurs analyses sont très bonnes et le suivi du club est très assidu. On peut simplement regretter leur côté très, très prudent vis à vis des performances du MHSC, toute défaite les amenant à nouveau à parler de maintien alors que l'équipe vaut clairement beaucoup mieux que ça...Félicitations également au Nîmes Olympique qui se rapproche de la lutte pour la L1 avec une dynamique très positive à 4 points du podium. Cependant, cette année les prétendants au Graal sont nombreux et très compétitifs avec deux places qui semblent promises au FC Nantes et à l'AS Monaco. Du suspens en perspective ! 

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : Promised Land de Gus Van Sant


Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : Promised Land de Gus Van Sant avec Matt Damon 




Un nouveau film de Gus Van Sant est toujours un événement pour les cinéphiles du monde entier pour ce réalisateur primé à de multiples reprises. Après des film très personnels dans les années 2000 avec un certain parti pris pour une mise en scène contemplative (Elephant, Paranoid Park), ce nouveau projet est plutôt de facture assez classique, plus proche du film "Harvey Milk". Gus Van Sant donne à nouveau dans le film politique avec cette histoire de lutte pour une cause environnementale qui fait grandement débat partout dans le monde et notamment en France : l'extraction du gaz de schiste. A la vue des récentes déclarations de Matt Damon lui-même ("je n'irai plus aux toilettes tant que tout le monde n'aura pas accès à l'eau potable"), le message politique et écologiste transpire dans toute cette entreprise. A noter que le film est produit également par Matt Damon. Aux Etats-Unis, l'extraction par le procédé du "fracking" ou "cracking" est déjà exploité à de nombreux endroits, certains politiques français comme M. Claude Allègre défendent ce principe au nom de la nécessaire indépendance énergique hautement stratégique. A ce propos, les Etats-Unis ont d'ores et déjà assuré cette indépendance pour le siècle prochain en matière d'énergies fossiles. Cependant, comme nous pouvons le constater, la résistance s'organise à Hollywood chez les acteurs concernés par l'environnement. Venons-en donc au film après cette petite contextualisation ! 

Steve (Matt Damon) est un brillant jeune cadre dynamique d'une grosse société pétrolière Global Corp. Il est chargé avec une collègue, d'aller dans un patelin pour racheter des terres à des paysans afin d'en exploiter les sous-sols par le procédé que nous avons décrit précédemment. Ce qui devait n'être au début qu'une promenade de santé (convaincre à coup de milliers de dollars les paysans de vendre leurs terres) se révèle plus difficile. Plusieurs ennemis imprévus se mettent sur la route du très sur de lui Steve. Un vieil homme (Frank) révèle aux habitants les risques pour les sols de ce procédé, un militant écologiste sorti de nulle part, et les démons intérieurs de Steve s'ajoutent à tout cela. Lui aussi a des origines campagnardes et plus le temps avance et plus cette entreprise lui semble illégitime. Nous ne vous raconterons pas néanmoins la suite...

Ce film très classique et américain dans le déroulement de l'histoire est véritablement un plaidoyer pour un retour aux racines : d'un côté le pragmatisme froid d'une grosse société qui brasse des milliards de dollars et broie le destin des hommes et de l'autre les braves paysans qui protègent l'héritage qu'ils possèdent depuis des générations. Le réalisateur défend véritablement un thèse bien précise : la logique du profit n'est pas toujours la bonne. La manière de présenter le propos est somme toute assez classique, sans surprise même. Le jeu de Matt Damon est bon, comme à son habitude mais l'issue de l'histoire est vraiment téléphonée et le tout manque à mon goût d'émotion. La photographie est comme tous les films de Gus Van Sant très belle, esthétisante à souhait mais le propos du film semble presque trop simpliste. Il garde tout de même son intérêt en raison du thème qui fait partie de l'actualité brûlante. Je doute néanmoins que celui-ci glane un prix à l'issue du festival.






vendredi 15 février 2013

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : Mes séances de lutte de Jacques Doillon


Mes séances de lutte - De Jacques Doillon avec Sara Forestier et James Thiérrée 



Voila un film plus léger que le précédent (quoique) bien dans la tradition française des jeux amoureux. Cependant, il s'agit ici d'un amour exprimé de manière très physique, limite bestial. Les dialogues bien présents ne servent que pour cadrer les fameuses "séances de lutte". Je ne connais pas le cinéma de Doillon, de ce fait c'est avec un regard vierge que j'ai pu voir cette œuvre. Tout d'abord, on sent un parti pris pour l'économie de moyens comme pourrait le faire un Romer : deux acteurs, ensembles les 90 % du film, une maison à la campagne dans un lieu inconnu qui fait penser au Massif Central. Le texte, la relation entre les acteurs sont les variables qui priment dans ce cinéma sans fard.
La musique est peu présente dans ce film mais on a quelques extraits savoureux des musiques de Claude Debussy toujours très agréables. La mise en scène est vraiment minimale avec une caméra parfois tremblante en extérieur. 

 Le propos est le suivant : une jeune femme retourne dans la maison de son père afin de réaliser avec sa soeur la distribution de l'héritage. A cette occasion, celle-ci retourne voir le voisin avec qui elle a eu une idylle autrefois mais qui ne s'était pas conclue. Elle revient le voir, dès le départ, le spectateur comprend qu'ils se connaissent bien voire très bien. La complicité est présente avant même que nous connaissions le destin des personnages. 

Mes séances de lutte est véritablement un film spécial, une bataille des sexes disait le synopsis, une parade amoureuse très spécifique. En effet, les deux protagonistes luttent littéralement entre eux, c'est très physique. L'héroïne lutte en réalité avec ses démons plus qu'avec son partenaire. Son père ne l'a semble-t-il jamais aimé et celle-ci se bat maintenant avec son frère et sa soeur afin de récupérer un piano "dont elle a toujours été la seule à en jouer". Le jeu est vraiment physique pour les acteurs qui donnent tous ce qu'ils ont dans cette bataille, des bleus, des éraflures comme le laisse imaginer l'affiche ci dessus. J'ai beaucoup aimé la complicité entre Sara Forestier et James Thierrée qui portent à bout de bras le film. Néanmoins, on peut signaler que l'écriture est assez basique dans les dialogues, on aimerais en connaître un peu plus sur le héros qui est un personnage peu développé, assez schématique. Bref, un bon petit film avec une touche de folie qui le rend assez appréciable.