mardi 19 février 2013

Interview croisée de Loulou et Laulau Nicollin du Montpellier Hérault ce mardi - une communication contradictoire ?

Sur l'ensemble des quotidiens nationaux et parisiens bien sur, les moindres faits et gestes des dirigeants du PSG sont scrutés du président Nasser à Léonardo. On discute à tout bout de champ des compositions de l'équipe, du mal-être de certains joueurs qui ne supportent pas d'être remplaçants etc... Maispour ceux qui supportent un autre club moins médiatisé, il est plus difficile d'avoir des infos , des analyses. des luttes de pouvoir existent partout, le cas de Montpellier est assez spécial en raison de la place prépondérante de la famille Nicollin qui détient 99% du capital du club.

Alors que les tractations vont bon train en ce qui concerne l'avenir de René Girard à la tête de l'équipe pro de Montpellier, on découvre en ce début de semaine deux interview croisées des personnes qui compte le plus pour le MHSC : Loulou Nicollin d'un côté sur l'Equipe.fr et une de son fils Laurent sur le site internet du club. Il me paraît intéressant de comparer ces deux entrevues qui sortent au même moment avec une grande différence d'audience : le quotidien n°1 de France et de l'autre le site internet qui est plutôt réservé aux supporters du club on dira. Est-ce un choix délibéré d'opérer ainsi une diversion avec la gouaille ravageuse de notre bon Loulou pour laisser travailler Laulau tranquillement ? C'est ce que nous allons essayer de voir :

L'entrevue de Louis Nicollin : le parler vrai et l'emporte pièce



Victime de sa gouaille légendaire, Loulou parle avec le coeur : il dit ce qu'il pense. Il est à l'image de tous les supporters déçu par les résultats bien en deçà de ce qu'il avait espéré. L'effectif est potentiellement très bon mais plusieurs pépins physiques et moraux ont fait baisser les ambitions du club. En gros, cette interview ne dire pas grand chose voire rien sur la situation de Girard. La manière de tourner les questions de Jean-Phillippe Cointot lui permet de récupérer ce qu'il cherchait c'est-à-dire la déclaration choc : "ce n'est pas à Girard de nous commander". A partir d'une déclaration floue du coach montpellierain à la Domenech ('j'ai pris ma décision...') et des questions bien tournées on nous fait croire d'une certaine manière qu'il y a un mini-clash entre le président et le coach. Malgré des phrases comme "il fait partie des meubles", les questions font les réponses.

L'interview de Laurent Nicollin : la langue de bois et l'apaisement



Tout dans l'interview du fils Nicollin est bien pesé , le recul est suffisant et tous les sujets sont abordés. Du départ de Mapou aux souhaits de départ de Belhanda. Mais deux déclarations retiennent particulièrement l'attention du lecteur. D'abord, Laurent Nicollin parle des joueurs qui se sont lancés dans le grand bain en L1 cette année (Deplagne, Dabo, Martin) qui représentent l'avenir de club. L'axe est toujours autant porté sur la formation avec l'acquisition en pleine propriété du domaine de Grammont qui est le centre de formation du club. On voit ici les orientations de long terme que souhaite le MHSC : ne pas faire trop de vagues, se reposer sur le centre de formation en temps de crise : rien de moins que ce que fait en ce moment l'Olympique Lyonnais qui stoppe sa politique de transferts couteux et laisse la place à de plus en plus de jeunes prometteurs (Umtiti, Grenier...). 
La seconde déclaration forte de sens est lorsque le président délégué nous parle de la saison prochaine. On apprend que Bruno Carotti, René Girard et lui-même sont déjà en train de réfléchir aux réglages à apporter pour l'année prochaine. Est-ce un synonyme d'espoir ? Nous le pensons. Si le coach prépare déjà la saison suivante avec les responsables du recrutement c'est qu'il ne souhaite pas partir et que nous assistons à un faux suspens concernant sa fin de contrat. L'avenir nous le dira.


La communication de Montpellier devient incompréhensible

En conclusion, les mots qui auront le plus de résonance au niveau national (l'Equipe) n'apportent rien ou à peine en information mais l'ensemble des commentateurs (professionnels ou non) reprendront ces propos dans leurs débats interminables sur Canal ou ailleurs (les spécialistes ou le CFC) : en résumé si Girard veut partir il part bien que le club continuera d'exister sans lui (quel scoop ! ), et s'il veut rester, il reste. D'un autre côté, l'interview de Nicollin fils bien que un peu langue de bois (site du MHSC oblige) révèle des informations complètes et intéressantes sur la saison qui s'écoule et la suivante. Cette communication en parallèle ne fait donc que desservir le club puisque les véritables informations sont effacées et oubliées au profit du sensationnel presque vide de sens. Ces réflexions peuvent amener à une autre question légitime : les médias sportifs se sont-ils enfermés dans la dictature du très court terme et la recherche de scoop ? Chacun peut se faire son opinion.




lundi 18 février 2013

Chronique disque : EELS - Wonderful, glorious (2013)

Depuis bientôt quatre ans, on assiste impressionnés à une productivité incroyable du compositeur et chanteur de EELS, E qui a déjà sorti pas moins de 4 albums depuis "El hombre lobo" en 2009. L'artiste a des choses à dire et ne se répète pas du tout malgré la multiplication de ses albums. Les productions sont de plus en plus travaillées et le choix de E d'aborder des thèmes très différents selon les albums apporte un plus pour l'auditeur. On peut dire que EELS est une institution au sein du rock indépendant américain tant le groupe est présent sur la scène depuis presque 20 ans.




Venons-en maintenant à l'album! Il est plutôt dans le style de "Souljacker" (2001) et de "El Hombre Loco" (2009), c'est à dire des guitares et de la testostérone. Peu de balades sont présentes dans l'album puisque ce n'est qu'à la 9ième piste et le morceau "True Original" qu'on découvre ce jolie morceau mélancolique comme E nous en a offert de nombreux. L'album est plutôt rock dans son ensemble avec des guitares saturées voire même des batteries comme dans le morceau "Peach Blossom" ou "New Alphabet". Dans l'ensemble, on peut dire que c'est un album de EELS honnête mais qui ne fait jamais sauter au plafond. Les cinquante minutes passent agréablement pour tout amateur du groupe qui se respecte mais il n'y a pas l'étincelle qui pouvait exister sur d'autres projets en raison du manque de continuité : boites à rythmes dans certains morceaux puis rock pur ensuite s'enchaînent. Bref, un album de plus qui ne restera pas dans les annales des meilleurs efforts de E. Néanmoins, cela fait plaisir de voir E aussi productif et c'est un prétexte bien pratique pour les fans d'avoir une tournée européenne toujours très attendue !


Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : Side Effects de Steven Soderbergh avec Jude Law

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : Side Effects de Steven Soderbergh avec Jude Law


Ma dernière chronique concernant ce magnifique festival concerne à nouveau un film américain d'un autre réalisateur très célèbre notamment pour la trilogie Ocean ou sa palme d'Or pour "Sexe, mensonges et vidéo". En habitué des festivals, Soderbergh se retrouve ici à la Berlinale en compétition, il nous propose une plongée dans la psychologie et les antidépresseurs d'où le titre "Side Effects" qui signifie littéralement "les effets secondaires". Le pitch est le suivant : une jeune femme retrouve son mari sorti de prison après 4 ans de détention. Celle-ci subit des épisodes dépressifs récurrents, le retour de son mari semble relancer ses symptômes et elle tente de se suicider. A l'hôpital, elle rencontre un psychologie (Jude Law) qui se propose de la voir en thérapie pour régler ses problèmes. Après lui avoir prescrit des pilules d'un nouvel anti dépresseur miracle, le médicament a des effets inattendus sur la patiente. Ce thriller "psychologique" très américain dans la manière de présenter les différents personnages. La photographie est de facture classique mais l'éclairage volontairement rempli de filtres jaunes donnant un aspect irréel au film le fait plutôt pencher vers le spot de publicité Channel avec une musique à la "Sixième sens". 

Ce long métrage est assez décevant, la première partie donne beaucoup de promesses dans le sujet traité (la dépression , les antidépresseurs, la génération Y) qui fait pschitt au bout d'une petite demi heure. La deuxième partie est franchement plate en raison d'un scénario qui créée des effets de surprise surjoués. 
 
Concernant les acteurs, Jude Law et Catherine Zeta-Jones jouent plutôt bien en raison de leur expérience : ils sont tous les deux psychologues. Leurs séquences d'échanges entre experts de la dépression sont de loin les plus intéressantes du film. Je n'aime pas personnellement le surjeu de Rooney Mara qui ne m'a pas convaincu. Bref, au contraire des critiques américaines pour la plupart positives vis à vis de ce film comme celle de Robert Altman, je n'ai pas été convaincu par ce film plein de rebondissements. Il reste tout de même plaisant à regarder. Il est vivement conseillé si vous aimez les thrillers américains et le suspens.

dimanche 17 février 2013

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : La religieuse de Guillaume Nicloux avec Pauline Etienne et Isabelle Huppert

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : La religieuse de Guillaume Nicloux avec Pauline Etienne et Isabelle Huppert



Voila le festival de le Berlinale qui touche à se fin, et aucun film français n'a finalement été récompensé. La chronique d'aujourd'hui est une coproduction franco-allemano-belge qui reprend un classique de la littérature française de Diderot. Ce texte profondément anticlérical est également un plaidoyer en faveur de la liberté dans la droite ligne des thèses défendues tout au long du siècle des Lumières. Ayant été adapté plusieurs fois au cinéma notamment en 1966, c'était un exercice difficile de s'attaquer à nouveau à ce roman.La mise en scène est bien faite, elle s'inspire beaucoup de Barry Lyndon de Kubrick notamment dans le traitement de la lumière : en effet les passages de nuit sont très sombres et ne sont illuminés que par des bougies pour donner une ambiance époque à l'ensemble. 

En ce qui concerne l'histoire, en faisant court nous pouvons la résumer de manière suivante : Mademoiselle Suzanne de Simonin est contrainte par la volonté de ses parents de faire voeu pour devenir religieuse. Bien que celle-ci le refuse avec opiniâtreté elle finit par accepter ce sort. Arrivée au couvent, elle se bat cependant pour retrouver la liberté et quitter son habit qui ne correspond pas à sa vocation malgré sa foi. C'est ce que nous raconte le roman de Diderot et le film : un combat pour la sa libre détermination.

Le jeu des acteurs est très concerné : Pauline Etienne joue bien son rôle de jeune fille persécutée par le destin qui ne se laisse cependant pas abattre, seulement le texte qui colle de très près au roman lui-même semble être trop peu suffisant pour comprendre la plénitude de son caractère à l'écran.
Louise Bourguoin en mère supérieure tyrannique et sadique s'en sort très bien mais la brièveté de son intervention empêche finalement d'en connaître plus sur le personnage : est-ce une caricature que Nicloux veut nous montrer ? Il le semble bien. Isabelle Huppert se détache vraiment du casting car elle a plus d'expérience sur ce genre de texte de facture classique. Elle sait très bien exploiter le côté humoristique de son personnage de Mère Supérieure lubrique, ce qui a provoqué quelques rires dans la salle.

En somme, ce film est très fidèle au roman tout en supprimant quelques passages que j'avais personnellement trouvés importants. On peut déplorer un certain manque de rythme dans l'enchaînement des scènes comme le signalaient déjà certaines critiques françaises  l'issue de la première projection, les (très) belles images de l'ensemble ne suffisent pas à faire fi de certaines longueurs dans le récit surtout au début et à la fin du long-métrage. Mais ce film reste l'un es plus beaux esthétiquement et dans la force du message que j'ai pu voir depuis cette semaine. La force du message de Diderot est très bien transcrite et l'actualité du thème n'a point disparu. Ceux sont quelques raisons qui pourraient vous encourager à aller voir ce film.

samedi 16 février 2013

Les blessés du Montpellier Hérault Sport Club - Des maux physiques et moraux

Une petite digression sur les blessés du MHSC 

 
Les bilans de la saison de Montpellier commencent à fleurir un peu partout, ceux-ci ne sont pas tendres : une équipe irrégulière, qui n'a plus la grinta, incapable de victoires probantes à l'extérieur. Tout le monde cherche à comprendre mais pourquoi une équipe aussi forte l'an dernier est-elle aujourd'hui à 2/3 de la saison à cette triste 8ième place, le temple du ventre mou de la ligue 1 ? 
Les réponses sont bien sûr multiples, je vais cependant m'intéresser à l'une d'elles : la gestion des blessures des joueurs. En effet cette année les blessures n'épargnent pas nos joueurs : 

Les blessures physiques : le véritable poison du MHSC 

Montpellier joue moins bien cette année c'est un fait, mais comment ne pas l'imputer à cette cascade de blessures ? Voici une liste exhaustive des blessés depuis 7 mois : Estrada, Marveaux, Camara, Pitau, Ait Fana, Belhanda, Saihi, Stambouli, Bocaly, Pionnier (souvenez vous de Ligali), Cabella, Utaka, Mounier. Pas moins de 13 joueurs dont trois très importants pour le titre de champion qui ont été absent des terrains pour la moitié de la saison. On a vu apparaître dans le 11 des joueurs de moins de 22 ans (Dabo, Deplagne, Martin) qui n'étaient pas destinés à jouer autant de matchs cette saison et qui ne peuvent prétendre aujourd'hui à jouer aussi bien que les titulaires habituels. Il ne faut donc pas les blâmer pour ça.

Alors à qui la faute, est-ce le contre coup de la saison 2011-2012 ?

On ne peut pas dire que les dirigeants aient eu le nez creux dans les choix de recrutement mais il semble surtout que la méthode mise au point par Nicolas Girard le préparateur physique pour la saison dernière ne pouvait pas s'appliquer à la nouvelle saison. Les joueurs du titre ont clairement beaucoup trop donné jusqu'à mai 2012, le 11 titulaire a presque joué tous les matchs sans presque aucun remplacement. Seuls les défenseurs ont survécu à ce rythme (quoique Bocaly). Au final, la saison n'a pas été digérée car trop gourmande en énergie, surtout que la reprise s'est faite le 28 juillet 2012 soit une reprise de l'entraînement en juin très tôt !

 Cette situation montre à quel point le foot moderne avec ses matchs tous les trois jours pendant plus de 9 mois n'est pas tenable pour un effectif performant réduit. Le MHSC n'avait pas les armes pour jouer les premiers rôles car trop dépendant d'une poignée de joueurs au climax de leur forme l'année dernière ce qui m'amène au second point. Comment ne pas sentir de la frustration, une certaine fatigue psychologique face à ce problème ?

Les blessures morales : le contre coup d'une saison fantastique 

Malgré les discours encourageant des joueurs et de l'entraîneur nous ne sommes pas dupes, il y a un ressort de cassé dans cet effectif. Le corps est directement relié à la tête et les blessures physiques sont directement issues des blessures morales. Comment ne pas être blessé moralement à la vue des résultats décevants, les départs de certains symboles des vestiaires (Giroud et Mapou maintenant) ? Nous le pensons, après un titre et maintenant une élimination de toutes les compétitions annexes, les joueurs sont moins concernés. 

Côté recrutement, Congré semble être le symbole à lui tout seul de se qui cloche dans le club : ses fautes à répétition révèlent la vérité : il ne peut assumer le rôle qui lui a été assigné trimbalé un jour à droite un autre en défense centrale avec un niveau inférieur à celui auquel il était attendu. Les autres recrues semblent également dans une moindre mesure vivre ce marasme : Gaëtan Charbonnier est une promesse mais il semble encore dans sa tête à Angers comme le montrent se innombrables tweets en faveurs de ses "potos", il semble pour l'instant isolé dans le vestiaire et doit faire face à une concurrence difficile avec l'argentin Herrera. 

L'issue de cette saison semble écrite : la déception après le rêve, cependant, il y a certains motifs d'espoirs. La saison 2010-2011 avait été très banale pour le MHSC malgré la finale de la coupe de la Ligue (une 14ième place anonyme). Si Girard reste à Montpellier et peut garder certains éléments encore concernés par son discours, les erreurs pourraient être évitées et Montpellier semble n'être le plus fort que lorsqu'il avance masqué ("on vise le maintien"). L'avenir nous le dira. 


Je termine cet article par une petite pub pour un webzine qui fait un très bon travail dans le suivi du MHSC : http://www.allezpaillade.com/ , leurs analyses sont très bonnes et le suivi du club est très assidu. On peut simplement regretter leur côté très, très prudent vis à vis des performances du MHSC, toute défaite les amenant à nouveau à parler de maintien alors que l'équipe vaut clairement beaucoup mieux que ça...Félicitations également au Nîmes Olympique qui se rapproche de la lutte pour la L1 avec une dynamique très positive à 4 points du podium. Cependant, cette année les prétendants au Graal sont nombreux et très compétitifs avec deux places qui semblent promises au FC Nantes et à l'AS Monaco. Du suspens en perspective ! 

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : Promised Land de Gus Van Sant


Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : Promised Land de Gus Van Sant avec Matt Damon 




Un nouveau film de Gus Van Sant est toujours un événement pour les cinéphiles du monde entier pour ce réalisateur primé à de multiples reprises. Après des film très personnels dans les années 2000 avec un certain parti pris pour une mise en scène contemplative (Elephant, Paranoid Park), ce nouveau projet est plutôt de facture assez classique, plus proche du film "Harvey Milk". Gus Van Sant donne à nouveau dans le film politique avec cette histoire de lutte pour une cause environnementale qui fait grandement débat partout dans le monde et notamment en France : l'extraction du gaz de schiste. A la vue des récentes déclarations de Matt Damon lui-même ("je n'irai plus aux toilettes tant que tout le monde n'aura pas accès à l'eau potable"), le message politique et écologiste transpire dans toute cette entreprise. A noter que le film est produit également par Matt Damon. Aux Etats-Unis, l'extraction par le procédé du "fracking" ou "cracking" est déjà exploité à de nombreux endroits, certains politiques français comme M. Claude Allègre défendent ce principe au nom de la nécessaire indépendance énergique hautement stratégique. A ce propos, les Etats-Unis ont d'ores et déjà assuré cette indépendance pour le siècle prochain en matière d'énergies fossiles. Cependant, comme nous pouvons le constater, la résistance s'organise à Hollywood chez les acteurs concernés par l'environnement. Venons-en donc au film après cette petite contextualisation ! 

Steve (Matt Damon) est un brillant jeune cadre dynamique d'une grosse société pétrolière Global Corp. Il est chargé avec une collègue, d'aller dans un patelin pour racheter des terres à des paysans afin d'en exploiter les sous-sols par le procédé que nous avons décrit précédemment. Ce qui devait n'être au début qu'une promenade de santé (convaincre à coup de milliers de dollars les paysans de vendre leurs terres) se révèle plus difficile. Plusieurs ennemis imprévus se mettent sur la route du très sur de lui Steve. Un vieil homme (Frank) révèle aux habitants les risques pour les sols de ce procédé, un militant écologiste sorti de nulle part, et les démons intérieurs de Steve s'ajoutent à tout cela. Lui aussi a des origines campagnardes et plus le temps avance et plus cette entreprise lui semble illégitime. Nous ne vous raconterons pas néanmoins la suite...

Ce film très classique et américain dans le déroulement de l'histoire est véritablement un plaidoyer pour un retour aux racines : d'un côté le pragmatisme froid d'une grosse société qui brasse des milliards de dollars et broie le destin des hommes et de l'autre les braves paysans qui protègent l'héritage qu'ils possèdent depuis des générations. Le réalisateur défend véritablement un thèse bien précise : la logique du profit n'est pas toujours la bonne. La manière de présenter le propos est somme toute assez classique, sans surprise même. Le jeu de Matt Damon est bon, comme à son habitude mais l'issue de l'histoire est vraiment téléphonée et le tout manque à mon goût d'émotion. La photographie est comme tous les films de Gus Van Sant très belle, esthétisante à souhait mais le propos du film semble presque trop simpliste. Il garde tout de même son intérêt en raison du thème qui fait partie de l'actualité brûlante. Je doute néanmoins que celui-ci glane un prix à l'issue du festival.






vendredi 15 février 2013

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : Mes séances de lutte de Jacques Doillon


Mes séances de lutte - De Jacques Doillon avec Sara Forestier et James Thiérrée 



Voila un film plus léger que le précédent (quoique) bien dans la tradition française des jeux amoureux. Cependant, il s'agit ici d'un amour exprimé de manière très physique, limite bestial. Les dialogues bien présents ne servent que pour cadrer les fameuses "séances de lutte". Je ne connais pas le cinéma de Doillon, de ce fait c'est avec un regard vierge que j'ai pu voir cette œuvre. Tout d'abord, on sent un parti pris pour l'économie de moyens comme pourrait le faire un Romer : deux acteurs, ensembles les 90 % du film, une maison à la campagne dans un lieu inconnu qui fait penser au Massif Central. Le texte, la relation entre les acteurs sont les variables qui priment dans ce cinéma sans fard.
La musique est peu présente dans ce film mais on a quelques extraits savoureux des musiques de Claude Debussy toujours très agréables. La mise en scène est vraiment minimale avec une caméra parfois tremblante en extérieur. 

 Le propos est le suivant : une jeune femme retourne dans la maison de son père afin de réaliser avec sa soeur la distribution de l'héritage. A cette occasion, celle-ci retourne voir le voisin avec qui elle a eu une idylle autrefois mais qui ne s'était pas conclue. Elle revient le voir, dès le départ, le spectateur comprend qu'ils se connaissent bien voire très bien. La complicité est présente avant même que nous connaissions le destin des personnages. 

Mes séances de lutte est véritablement un film spécial, une bataille des sexes disait le synopsis, une parade amoureuse très spécifique. En effet, les deux protagonistes luttent littéralement entre eux, c'est très physique. L'héroïne lutte en réalité avec ses démons plus qu'avec son partenaire. Son père ne l'a semble-t-il jamais aimé et celle-ci se bat maintenant avec son frère et sa soeur afin de récupérer un piano "dont elle a toujours été la seule à en jouer". Le jeu est vraiment physique pour les acteurs qui donnent tous ce qu'ils ont dans cette bataille, des bleus, des éraflures comme le laisse imaginer l'affiche ci dessus. J'ai beaucoup aimé la complicité entre Sara Forestier et James Thierrée qui portent à bout de bras le film. Néanmoins, on peut signaler que l'écriture est assez basique dans les dialogues, on aimerais en connaître un peu plus sur le héros qui est un personnage peu développé, assez schématique. Bref, un bon petit film avec une touche de folie qui le rend assez appréciable. 

jeudi 14 février 2013

Berlinale 2013 - chronique des films français (et autres) : Camille Claudel 1915

La Berlinale est un des seuls grands festivals de Cinéma à permettre au public non professionnel de pouvoir assister à la projection de films en compétition ou non. Dans ce cadre, le spectateur cinéphile a vraiment de quoi faire. Pendant dix jours, des films inédits, des documentaires, des rétrospective des films allemands de la période de Weimar sont projetés. Dans ce cadre, je vais vous faire quelques chroniques des films auxquels j'ai eu la chance d'assister.  Mes choix se sont tournés pour la plupart sur des films français présents en masse pendant cette quinzaine :


Camille Claudel 1915 - De Bruno Dumont avec Juliette Binoche et Jean-Luc Vincent 
Une plongée vertigineuse dans la folie 


Voilà un film qu'on pourrait qualifier de très ambitieux à la fois en raison de son thème mais aussi de ses acteurs. Dumont est semble-t-il connu pour choisir des acteur non professionnels, il fait pourtant appel cette fois-ci au comédien de théâtre Jean Luc Vincent et la multi primée Juliette Binoche pour ce projet. Ne connaissant que très peu l'histoire de Camille Claudel, je m'attendais à un biopic sur la vie de sculptrice de l'artiste aux côtés de Rodin à Paris. Mais ce n'était en aucun cas ce qui est montré :

L'action se passe dans une maison de santé près d'Avignon où Mme Claudel a été internée par sa famille. On se trouve donc enfermés aux côtés de Mme Claudel dans ce qu'on pourrait appeler une maison de fous en 1915. La mise en scène est très crue, le spectateur est littéralement plongé dans cette atmosphère pesante, aucune musique, des personnes déficientes mentales filmées en gros plan. Au milieu de tout cela, Camille que nous découvrons semble à bout de souffle comme si elle venait d'affronter une épreuve terrible. Elle ne se lave pas, elle refuse de se nourrir comme les autres de peur qu'on l'empoisonne et prépare elle-même tous ses repas. Tout est paranoïa pour Camille qui ne supporte ni ses co pensionnaires, ni les soeurs qui les accompagnent dans tous les gestes de la vie courante. Elle est seule, enfermée dans cette prison et ne comprend pas pourquoi tout le monde l'a abandonnée. Cependant, son frère Paul Claudel continue de correspondre avec elle et lui rend visite à quelques occasions. On assiste hébété à une scène très forte lors d'un rendez-vous avec le médecin où Camille livre son ressenti profond de cette situation, le docteur ne lui répond rien comme si la scène s'était répétée pour lui des milliers de fois.

La deuxième partie avec l'intervention du frère est très forte émotionnellement également. Lui n'est pas "fou" mais habité par un très fort mysticisme. Le catholicisme et la foi imprègnent toutes ses paroles.Les décors du sud de la France et de la région d'Avignon au printemps semble-t-il (ciel bleu et un peu de vent) donne un aspect très solaire aux décors d'ensemble du film lorsque les personnages se meuvent hors de l'asile.

Le film est dans la veine du cinéma de Maurice Pialat ou Pasolini avec une mise en scène un peu plus développée , naturaliste sans fioritures afin de se coller au plus près du ressenti des personnages. Un grand moment qui vous laisse une grosse claque, surtout lorsque cela n'était pas attendu.  Cependant, il pourra sembler ennuyeux pour certains en raison de la présence de très peu de dialogues et d'un propos très sec. Il faut dans ce cas accepter de se laisser imprégner par l'ambiance. Bravo aux acteurs, Juliette Binoche est une grande actrice et le prouve encore une fois. Jean Luc Vincent est également profondément habité, je ne le connaissais pas avant ce film et c'est une très belle surprise. 





mercredi 6 février 2013

Parlons de cul avec JL Costes





Pour ceux qui attendent avec impatience de parler de cul, nous allons en parler à travers un album d'un performer qui n'a pas froid aux yeux et ailleurs quand il s'agit de se frotter à ce genre de sujet !
Alors Monsieur J L Costes est une sommité dans le monde de l'underground parisien grâce aux nombreux happenings qu'il a pu faire durant sa carrière. Malgré une couverture médiatique proche du néant , celui-ci continue à produire de nombreuses oeuvres aussi bien dans le domaine de la peinture du cinéma, ou encore de la musique : c'est cette dernière qui m'a permis de le découvrir il y a environ deux ans. Dans un bac d'un disquaire au rayon "Ovni, voici ce disque intitulé "Dansez dans les culs". 

Attention, il s'agit d'un album entier, autoproduit consacré à la merde et au cul comme son titre l'indique. Pratiquement introuvable il ressemble plus à une virée dans l'univers d'un artiste sans concession qu'une tentative de réussir dans le top 50. Cependant, c'est avec ce genre d'artiste qui ne cherche qu'à produire, provoquer et faire bouger les lignes qu'on peut se poser des questions (ou pas). En faisant un tour sur le site qui vend ses livres et oeuvres picturales on peut également voir que la merde obsède quelque peu le bonhomme.Son meilleur moyen d'expression reste selon moi la scène là où il a été découvert, il continue de tourner régulièrement à travers la France avec des performances où JL Costes va au bout de lui-même.

Voici un extrait de cet album fabuleux ! J'espère que celui-ci va vous inspirer pour cette année 2013, il  en a sorti plusieurs depuis car celui-ci est de 2008 : 



Et pour finir et avoir une idée du personnage une interview de Thierry Ardisson à l'époque de Tout le monde en parle (très intéressant) : 


Jean-Louis Costes - Tout le monde... par White_Trash



Montpellier Hérault Sport Club - Une équipe qui ne passionne pas les médias

Mon premier vrai post commence par un point de vue, assez tranché il faut le souligner. Il est consacré au foot et à un club dont on parle assez peu dans les médias à mon sens malgré des performances plutôt bonnes depuis leur retour en Ligue 1 lors de la saison 2009-2010 : le Montpellier Hérault Sport Club.
 Je suis fan de cette équipe et depuis la fin de la saison miraculeuse du titre je me demande toutes les semaines pourquoi tout le monde se fout littéralement de ce club ? Je vais donc essayer d'apporter mon point de vue sur cette situation, libre à vous de me dire si je dis des bêtises ou que je divague complètement !



L'image médiatique de Montpellier : un club de beauf et des joueurs violents

Allez, qu'on se le dise clairement, à quoi pensez vous en premier quand on vous parle de Montpellier ? Tout d'abord, l'image de Loulou Nicollin le sympathique président aux déclarations fleuries ! Ses saillies verbales représentent la principale fenêtre de communication du club et autant le dire tout de suite, elle les dessert. On ne compte plus les articles de l'Equipe mettant littéralement en scène celui-ci disant avec sincérité mais souvent beaucoup de maladresse ce qu'il pense sur son équipe qu'il appelle lui-même son "troisième enfant". Quand les résultats ne suivent pas, il charge ses joueurs comme ce pauvre Mapou Yanga-Mbiwa malgré tout ce que celui-ci lui a apporté. Je fais une parenthèse, c'est un hommage bien triste pour un joueur qui consacre sa vie au foot et au club depuis l'âge de treize ans. Le résultat est tout donné, Nicollin est considéré très négativement par les autres médias alors que l'activité intelligente et louable des autres acteurs dirigeants du club est passée sous silence. Rappelons que le président en plein exercice est en réalité Laurent Nicollin, le dauphin comme on pourrait l'appeler et que c'est lui qui gère en réalité les transferts du club.

D'un autre côté, l'entraineur René Girard, connu pour son tempérament sanguin est également très touché par son image médiatique qui ne cesse de surligner à gros traits ses écarts. Rarement ses qualités d'entraîneur ou de meneur d'hommes sont louées ou bien le sont  dans une longue interview en période estivale et creuse pour le plus grand quotidien sportif de France. En conséquence, de nombreux commentaires de non-supporters du MHSC se déchainent contre cet entraîneur rugueux sans savoir-vivre. Pourtant ses résultats en tant que joueur puis d'entraîneur parlent pour lui. Combien de personnes avec un CV similaire auraient eu droit à de nombreux articles et rumeurs pour ses négociations avec l'équipe de France ou des grands clubs. Attention ! Je ne dis pas que les éclats de Girard sont justifiés, je constate simplement qu'il s'agit d'un baobab pour la plupart des médias qui oublient les autres agissements de René qui méritent pourtant une audience bien plus large !

Dans les cas de Nicollin et Girard, la considération médiatique empêche à Montpellier de se rendre sympathique dans bien des cas, mais le pire reste le traitement réservé aux acteurs principaux : les joueurs eux-mêmes !

Le péché originel : le fameux coup de coude de Spahic sur Nolan Roux

Comme les commentateurs l'indiquent clairement ce soir de décembre 2010,  ce brave Emir ne récoltera aucun carton pour ce geste odieux sur Nolan Roux. Cependant, cet horrible geste, les joueurs le payent encore aujourd'hui de manière très chère. La réputation du club est très détériorée par cette faute (il y en avait eu une avant aussi de Spahic contre un joueur de Sainté je crois bien). Chaque sortie de Montpellier est donc sanctionnée du triple par les arbitres et la commission de discipline, la preuve avec trois exemples récents. Là non plus, je ne dis pas que les mauvais gestes ne sont pas présents, il faut bien sur condamner la violence dans le foot avec force mais également avec équité:


-  La sanction de 5 matchs pour Mapou semble normale pour un coup de coude assez violent. Cependant, si celui-ci dans les images touche la tête du joueur de manière volontaire, d'un autre côté, un Joey Barton qui donne un coup de coude dans la poitrine de Cabella il y a deux semaines ne récolte ni faute ni suspension a posteriori. La réputation d'un club a donc plus de répercussion que celle d'un joueur individuel.
- Les sanctions d'un an pour Jeunechamp et le ridicule carton rouge pour Younès Belhanda pendant le match contre ETG sont deux exemples des conséquences néfastes d'une réputation ternie par les médias. 


La question est la suivante : peut-on dire que les acteurs du clubs sont à 100% responsables de cette image médiatique délétère ? Oui et non 
Oui car dans un monde médiatique où tout faux pas peut faire tout basculer en votre défaveur, les déclarations à l'emporte pièce, les gestes d'humeurs ne sont pas très intelligents. Néanmoins, ce genre de chose peut être géré si les dirigeants décident de prendre le problème enfin à bras le corps afin de rendre plus attractif le club.
Non dans le sens où l'effet cliquet fonctionne à plein régime, il ne semble plus aujourd'hui possible après une erreur de se remettre dans le droit chemin malgré certains efforts faits par le club au quotidien (visite des hôpitaux et des écoles). Ces actions n'ont qu'un effet local mais rarement national. 

Dans ce contexte, les médias sanctionnent donc les mauvais comportements de notre président, entraineur, joueur mais ne font que peu état de l'aspect le plus important dans le foot : les performances, les résultats et le mérite. Tout ceci nous amène à mon second point :  


Dans les faits : Montpellier joue bien au football depuis 4 saisons

Il est pourtant rare que les médias (en général j'entends) le soulignent mais Montpellier est un promu, certes depuis 4 ans maintenant. Cependant, il est peu fait état des ingrédients qui ont fait le succès du club : on parle des jeunes, du recrutement malin... Tous ces arguments sont vrais mais jamais on ne parle de ce club en modèle de développement économique possible. 

Le bilan de l'équipe est flatteur : une cinquième place lors de la saison de la remontée, une finale de la Coupe de la Ligue puis un titre (inespéré il faut se le dire) de Champion de France 2012 avec 82 points au compteur ! Le titre n'est pas volé bien au contraire. Très peu d'articles de fond sur la question du pourquoi. J'attends qu'on me prouve le contraire. La formation, coeur du dispositif est pourtant la direction que prennent beaucoup de grands clubs. On rappelle toujours avec délice pendant chaque match du Barça que 8 titulaires ont été formés à la Masia. Manchester City construit un centre de formation hi tech dernier cri pour stabiliser à long terme les finances du club. Malgré tout cela, rien ou presque pour parler de ceux qui tentent de le faire en France déjà depuis de nombreuses années ... Je ne prétends pas bien entendu dire que j'ai tout lu ou tout vu sur la question mais je dégage simplement une impression d'ensemble du point de vue d'un supporter qui suit la Ligue 1 et le football. 


Mais le résultat est là : le champion en titre a disposé d'une fenêtre de diffusion éphémère, une ou deux diffusions le dimanche sur Canal Plus (dont un match contre le PSG diffusé hebdomadairement dans cette case) et aucune diffusion en Ligue des Champions sur une chaîne de grande écoute. En définitive, l'image médiatique exposée dans le premier point prend le pas sur le reste. A titre de comparaison, Lille, une équipe ambitieuse qui réalise un saison piteuse en beaucoup de points pire que celle du champion en titre récolte un tas d'articles (place dans le ventre mou).

En conséquence, il serait intéressant d'arrêter de juger une équipe au jour le jour et de prendre de la hauteur par rapport aux événements quotidiens et de rendre plus souvent hommage au travail remarquable qu'a accompli le club pour se hisser dans la hiérarchie du football hexagonal. Si le titre était miraculeux pour Montpellier les bonnes performances depuis plus de 4 ans ne sont pas dues au hasard comme il faut le souligner mais à une lente maturation d'un groupe et d'un club.

Voila en résumé mon point de vue sur la question, j'attends vos réactions, mes prochains articles sur le club se focaliserons plus précisément sur l'actualité plus chaude de la Ligue 1.

 





Voici le blog - Purpose

Bonjour, voici un blog simplement pour parler des sujets qui (vous) passionnent et qui me passionnent.

Ainsi, je souhaite écrire des articles sur le football d'aujourd'hui en particulier sur la Liguain et ma compétition préférée la Coupe de la Ligue (dite coupe en bois, Coupe Machin ou encore Coupe Thiriez ). Certains articles parlerons de musique d'aujourd'hui et (parfois) d'hier, des films et du cinéma en général, enfin quelquefois de cul, de culture, de politique et de télévision et de tout ce qu'on pourrai appeler the "sink of the devil" parce que tout ça c'est de l'audience !  L'intérêt des blogs et autres forums de discussions est bien de prendre le temps de réfléchir et se poser des questions sur le flot ininterrompu d'informations qui nous assaillent.

J'espère que les articles vous plairont et que nous pourrons échanger sur plein de sujets ...