Voila un film plus léger que le précédent (quoique) bien dans la tradition française des jeux amoureux. Cependant, il s'agit ici d'un amour exprimé de manière très physique, limite bestial. Les dialogues bien présents ne servent que pour cadrer les fameuses "séances de lutte". Je ne connais pas le cinéma de Doillon, de ce fait c'est avec un regard vierge que j'ai pu voir cette œuvre. Tout d'abord, on sent un parti pris pour l'économie de moyens comme pourrait le faire un Romer : deux acteurs, ensembles les 90 % du film, une maison à la campagne dans un lieu inconnu qui fait penser au Massif Central. Le texte, la relation entre les acteurs sont les variables qui priment dans ce cinéma sans fard.
La musique est peu présente dans ce film mais on a
quelques extraits savoureux des musiques de Claude Debussy toujours très
agréables. La mise en scène est vraiment minimale avec une caméra
parfois tremblante en extérieur.
Le propos est le suivant : une jeune femme retourne dans la maison de son père afin de réaliser avec sa soeur la distribution de l'héritage. A cette occasion, celle-ci retourne voir le voisin avec qui elle a eu une idylle autrefois mais qui ne s'était pas conclue. Elle revient le voir, dès le départ, le spectateur comprend qu'ils se connaissent bien voire très bien. La complicité est présente avant même que nous connaissions le destin des personnages.
Mes séances de lutte est véritablement un film spécial, une bataille des sexes disait le synopsis, une parade amoureuse très spécifique. En effet, les deux protagonistes luttent littéralement entre eux, c'est très physique. L'héroïne lutte en réalité avec ses démons plus qu'avec son partenaire. Son père ne l'a semble-t-il jamais aimé et celle-ci se bat maintenant avec son frère et sa soeur afin de récupérer un piano "dont elle a toujours été la seule à en jouer". Le jeu est vraiment physique pour les acteurs qui donnent tous ce qu'ils ont dans cette bataille, des bleus, des éraflures comme le laisse imaginer l'affiche ci dessus. J'ai beaucoup aimé la complicité entre Sara Forestier et James Thierrée qui portent à bout de bras le film. Néanmoins, on peut signaler que l'écriture est assez basique dans les dialogues, on aimerais en connaître un peu plus sur le héros qui est un personnage peu développé, assez schématique. Bref, un bon petit film avec une touche de folie qui le rend assez appréciable.
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